Luc 6 versets 39 à 45
Cet enseignement de Jésus a lieu dans une plaine, juste après qu’il vienne de choisir et d’appeler ses disciples. Les disciples viennent de constater qu’une grande puissance de guérison sortait de Jésus ; les malades et les personnes souffrant d’esprits immondes sont tous guéris et entourent le groupe que forment Jésus et ses disciples. C’est à ce moment-là que Jésus enseigne les béatitudes et le texte que nous méditerons ce matin. La guérison présente en Jésus, qui se communique à tous, voilà notre priorité, en tant que disciples. Aujourd’hui, deux milles ans après ces événements, nous pouvons apprendre de l’histoire des chrétiens. Voulant guérir les autres, les chrétiens ont parfois fait pire que les non-croyants. La parabole de l’homme qui a une poutre dans l’œil et se croit capable d’enlever une petite paille dans l’œil de son frère, nous avons souvent constaté que c’est bien ainsi que ça s’est passé au cours de l’histoire chrétienne. Nous croyons pouvoir aider les autres et nous les détruisons encore plus. Pourquoi ? Parce que nous avons-nous-mêmes besoin de guérison. Et Jésus est cette guérison. Il est cette guérison que veut se communiquer à nous. Il dit ici : « tout homme accompli sera comme son maître » v.40. Jésus nous voit, il n’a pas de poutre dans l’œil. Il est lui-même crucifié sur une poutre en bois. Il n’en a aucune dans l’œil. Il nous voit depuis la croix, depuis la poutre sur laquelle il meurt sous notre jugement. Et il nous communique ce qu’Il est. Il nous communique la guérison qu’il est pour l’humanité. La puissance de guérison qu’il est nous transformera en hommes, en femmes accomplies, semblables à Lui qui ne juge pas. « Tout être humain accompli sera comme son Maître ». Nous sommes de nature des ronces et nous ne pouvons pas porter du raisin. Pour produire les fruits que Jésus a produits sur terre, il ne nous suffit pas de vouloir porter du raisin. Une ronce ne peut pas décider de changer de fruit. Une ronce portera toujours le même fruit ; jamais du raisin. Il faut tout arracher, et replanter un cep de vigne, si on veut du raisin. C’est cela qui s’est produit pour nous dans la mort et la résurrection de Jésus : nous avons été arrachés de ce monde mauvais et Dieu nous a transplantés dans le Royaume du Fils de son amour. Nous sommes une plante nouvelle, ayant été transformés par Dieu dans la mort et la résurrection de son Fils. Qui sommes-nous devenus ? Des « fils du Très-Haut ». Jésus emploie cette expression au verset 35 pour parler de ses disciples. Ils sont fils du Très-Haut, quand ils sont généreux comme Jésus est généreux. Jésus est généreux dans sa grâce, il ne nous la mesure pas. Nous sommes fils du Très-Haut en ne mesurant pas la grâce que nous donnons aux autres. « Fils du Très-Haut » est un titre donné à l’enfant qui devait naître du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie Lc 1.32. Ce n’est pas rien, d’être comme Jésus ! C’est être fils du Très-Haut comme Jésus qui est totalement saint, en naissant de la Vierge Marie. L’objectif est possible, car nous ne comptons pas sur nous, mais sur Dieu.
Au verset 42 Jésus traite d’ « hypocrite » celui qui veut enlever une paille de l’œil de son frère, alors qu’il a une poutre dans son œil. La traduction TOB rend le mot hypocrite par « homme au jugement perverti ». Notre jugement sur les autres est perverti par les défauts que nous avons-nous-mêmes. Jésus fait ce constat. Mais il ajoute : « ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l’œil de ton frère ». C’est une parole pleine d’espérance. Nous devons toujours être pleins d’espérance pour ce qui est mauvais en nous. Nous sommes incapables de voir ce qui est mauvais en nous, mais Jésus – je l’ai dit -, est capable de voir ce qui est mauvais en nous, sans nous juger mais pour nous aimer encore davantage et pour nous guérir. Il est crucifié sur une poutre sur la croix et nous voit avec tant de miséricorde. Mais pas une miséricorde qui nous laisse dans notre misère, une miséricorde qui nous guérit. Nous vivons pleins d’espérance, malgré tout le mal que nous ne cesserons pas de voir en nous. Mais un processus est en cours : Jésus est notre médecin. Jésus est notre ophtalmologue. Quand vous avez quelque chose dans l’œil, vous ne pouvez pas opérer vous-mêmes, il vous faut consulter un ophtalmologue. Vous le laissez entièrement toucher votre œil, l’éclairer, y pénétrer avec l’instrument chirurgical. Il se peut qu’il vous prescrive ensuite une pommade, un collyre. Dans l’Apocalypse, Jésus parle à une église qui se croyait bien portante, riche spirituellement : « je te conseille d’acheter chez moi … un collyre pour oindre tes yeux et recouvrer la vue » Ap 3.18. Jésus est toujours vivant, toujours plein de puissance pour guérir. C’est à Lui que nous avons sans cesse besoin d’aller. A Lui directement. Nous n’avons pas juger nous-mêmes de notre état spirituel ou de l’état spirituel de l’Eglise où nous sommes. C’est Jésus qui en juge. Il nous regarde du haut de la poutre sur laquelle il est crucifié. Il nous regarde pour nous guérir. Il nous tend la main, sa main percée, clouée sur la poutre transversale de la croix. Poutre qu’il a lui-même portée jusqu’à Golgotha. Poutre sous laquelle il est tombé trois fois, épuisé, sans forces. Maintenant Jésus est ressuscité, il a toute la force nécessaire pour notre guérison pour la guérison de ce qui ne vas pas dans nos vies. Et quand nous expérimentons cette grâce, cette puissance de la miséricorde du Fils du Très-Haut, nous devenons capables de la même grâce, de la même miséricorde guérissante pour les autres. Amen.